« Loin des yeux,
mais près du cœur »
Une discussion de l'identité franco-américaine 

Par Katie Lazdowski, Colby College, Waterville, ME

(The other thing I failed to mention is the fact that there are pictures that are included in my paper. These will obviously not be able to be displayed on the web, but I thought I would let you know. Thank you, and please let me know if you need anything else. -Katie)

INTRODUCTION
Je vous invite à penser à votre propre identité. Comment est-ce que vous vous définissez ?  Pensez encore. . .  qu'est-ce que c'est l'identité ? L'identité est la définition que nous nous donnons, et même celle que notre société nous assigne. J'imagine que les mots que vous choisissez pour vous décrire sont ceux qui décrivent les caractéristiques positives ; ceux que vous n'avez pas honte à dire en les attachant à vous-même. 
Je fais un travail au sujet de l'identité, celle des gens franco-américains. En faisant mes interviews, j'ai noté que les histoires qu'on a choisi de partager avec moi réfléchissent la façon dont ces personnes veulent être définies. On fait attention en choisissant ses histoires ; on raconte quelques-unes pour ces raisons, mais on cache quelques autres pour d'autres causes.  Faire des interviews est comme un petit jeu. J'ai écouté les histoires qu'on me racontait, mais en même temps, j'ai noté les détails qu'on n'incluait pas. Dans sa propre histoire, Wednesday's Child, Rhéa Côté Robbins a dit ceci à propos de ses histoires qu'elle partage avec ses lecteurs, « am I willing to give more weight to the dark side of the story rather than the good side of the story- although the dark is as necessary as the light. It is my fears which interfere. Because in each story is the light and the dark. The evil and the good. »  Alors, ce n'est pas toujours les histoires dites par ces gens qui nous concernent, mais celles qu'ils cachent, celles qui nous donnent une image de l'identité qu'ils veulent cacher. Pourquoi veulent-ils la cacher ? Pourquoi est-ce que vous vous êtes définis vous-même de la façon dont vous l'avez fait ? Peut-être vous avez vos propres identités que vous voudriez cacher.
Quoique je commence mon travail avec une certaine perplexité quant à la question de l'identité, le but de mon travail est plutôt de découvrir l'identité des Franco-Américains dans le Maine, et comment ils considèrent leurs racines. Quoique ma recherche m'ait amenée au-dehors des murs de Colby College, je n'ai pas voyagé très loin. J'ai réalisé qu'il y a une grande population Franco-Américaine à Waterville, donc, j'ai fait la plupart de mon étude ici. J'ai aussi voyagé à Farmington pour parler avec une femme qui y habite, et j'ai visité Chisholm, sa ville natale. Mais je continue à questionner. Par exemple, je suis en quatrième année ici à Colby, et même je me spécialise en français, mais j'ai juste découvert ce semestre l'existence des endroits à Waterville comme Water Street : là où il y avait une grande population de Franco-Américains. Je pense qu'il y a deux grandes raisons qui expliquent pourquoi je n'ai rien su de l'existence franco-américaine jusqu'à ce semestre. 
La première raison devrait évidente en répondant à la question, « quelles institutions servent ces gens aujourd'hui ? » C'est-à-dire, quelles institutions servent à définir ces gens ? Dans l'histoire, les institutions sociales pourvoyaient ces gens des endroits où ils se réunissaient. Dans les écoles paroissiales, à l'église catholique, même en parlant leur langue, ils avaient l'opportunité de s'identifier avec d'autres comme eux, et ce faisant, ils se définissaient. Beaucoup de choses ont changé pendant les années et l'existence des écoles paroissiales et l'emploi de la langue française a diminué avec le temps. L'église même ne joue plus un grand rôle parmi les jeunes comme elle a fait pour les générations du passé. Pendant les années soixante « Urban Renewal, » la rénovation urbaine, a changé la face de Waterville. Par conséquent, la structure de la ville a changé, et pour les gens qui habitaient à Water Street, ils ont vu la destruction de leur quartier de la ville, mais pas la reconstruction. Ils ont perdu des bâtiments où une fois, il y avait de réunions sociales des Franco-américains. Quoique ces gens aient une identité, la société dominante n'a pas aidé leur présence. 
La deuxième raison qui explique l'invisibilité e la communauté franco-américaine est une question de pouvoir, qu'il fait examiner à laquelle on doit répondre. La présence des Franco-Américains dans le Maine est énorme,  mais ce sont les gens pas vraiment reconnus. Quoique ces gens soient forts, comme leur histoire nous l'a démontré, ils manquent de pouvoir politique. Est-ce que ces gens ont honte de dire qu'ils sont Franco-Américains, ou est-ce qu'ils sont fiers de l'être ? Si la réponse à cette question est « oui, » pourquoi ? Même si la réponse est « non », je veux savoir pourquoi pas.  Comment est-ce que notre société hégémonique les regardent ? Est-ce que ces gens sont affectés par l'idée que leur image dans la société comme Franco-américains ne tient pas un image de pouvoir ?
Le challenge défi pour les Franco-Américains, donc, est de protéger leur identité, même de la créer  sans l'aide des institutions sociales et de la société, et sans une voix politiquement puissante. Comment peut-on faire ? C'est encore la question du pouvoir. J'ai trouvé que ces gens sont en train d'obtenir leur propre voix. Leurs histoires orales que j'ai apprises par les interviews m'ont montré que leur identité n'est pas quelque chose qu'ils vont laisser tomber. Ces gens sont passionnément attachés à leurs racines. 
Mon but original était d'étudier le rôle des institutions sociales qui servent à protéger l'identité. Pendant mes semaines de recherche, je suis tombée amoureuse de ce sujet, de ces gens : « ces trésors cachés, » et de leur identité. J'ai découvert que la meilleure façon de recréer leur identité est d'entendre leurs voix. Je peux bien expliquer le rôle que les institutions jouent en protégeant les Franco-Américains, mais ça ne donne rien. Il faut les entendre, écouter leurs histoires, faire la connaissance de ces gens. En écrivant ce travail, je pourvois un texte, un miroir dans lequel ces gens peuvent se voir eux-mêmes. Quoique ce texte soit écrit par une étrangère, (quelqu'un comme moi-même) qui n'est pas franco-américaine, j'espère que ma propre voix reste silencieuse et que les voix des gens avec qui j'ai parlé, ceux qui j'ai observés, les gens pour qui j'écris, sont entendues. Les écoles, les églises ont donné à ces gens un contexte pour se réunir et s'identifier à leurs semblables. Comme on va le voir, ces institutions ne servent plus le but qu'elles avaient autrefois, le mot écrit, alors, est très important. En faisant mes recherches, j'ai noté qu'il y a plein de sources au sujet de l'identité franco-américaine. Mais les informations dans ces textes sont les mêmes pour la plupart. Ce qui manque dans ces textes c'est les voix des gens. Ces textes sont à propos des Franco-Américains, mais ils ne montrent pas les sentiments des Franco-Américains. Ceux où les voix des Franco-Américains sont bien entendues racontent des contes personnels comme Wednesday's Child, ou ils sont les romans par des Franco-Américains comme David Plante, l'auteur de The Family ou The Foreigner, Jacques Kerouac, et d'autres encore .  Comme vous allez le voir dans la prochaine section, un de mes buts en écrivant cette úuvre est de capturer les identités, les vrais exemples des gens, et de vous démontrer, par l'usage de leurs voix, leurs expériences comme Franco-Américains. En lisant la section sur ma méthodologie, on va noter que j'ai juste commencé à comprendre. Je vous invite à venir avec moi, et à découvrir la puissance cachée de ces gens, et la passion qu'ils ont pour une identité qui est en train de renaître.

MÉTHODOLOGIE
En faisant ma propre étude, j'ai découvert qu'il existe plusieurs textes sur l'identité franco-américaine Les preuves que j'ai trouvées font écho à celles qui sont présentes dans les travaux de historiens comme Yves Roby qui a fait un travail magistral, Les Franco-Américains de la Nouvelle-Angleterre : Rêves et Réalités, et même une étudiante de ma propre institution, Amy Rowe de Colby College. Elle a écrit une thèse qui parle en partie de l'identité franco-américaine 
Ma propre étude a évolué depuis que je l'ai commencée. J'ai commencé avec quelques questions qui continuent à me servir de guide, mais en octobre, j'ai assisté à une réunion de quatre Franco-Américains. Assise parmi mes camarades de classe et des Franco-américains qui venaient de plusieurs régions du Maine, j'ai entendu les histoires, les pensées de ces quatre Franco-Américains. J'ai découvert qu'il y aurait plus dans mon étude que des informations livresques. J'ai réalisé que cette étude n'est pas simplement une recherche d'informations qui existent dans les livres. Bien sûr il y avait une période où j'étais assise au bureau avec quinze livres devant moi, mais les vraies preuves, celles que vous allez lire, se trouvent dans les voix, dans les actions des Franco-Américains qui vivent aujourd'hui. Mon étude suffit à répondre à ma question originale, mais elle sert à faire quelque chose de plus. J'espère que vous aurez, en lisant mon úuvre, une oeuvre de Franco-Américains, une meilleure compréhension de quelques Franco-Américains, et de la façon dont ces hommes et ces femmes pensent de leur propre identité. Ceci dépasse l'église, l'école, etc. La façon dont l'identité d'un groupe est-elle protégée, et même créée, dépendent des expériences de chaque individu. Pour quelques uns, leur l'identité est quelque chose qu'ils veulent glorifier. Pour d'autres, leur identité franco-américaine est quelque chose qu'ils veulent cacher. La seule chose que j'espère que vous garderez de cette étude est l'idée que chaque Franco-Américaine a sa propre expérience, sa propre perspective envers son identité. J'ai juste commencé à obtenir le goût de ce sujet. Je veux bien continuer cette étude pour répondre aux questions que cette petite étude a posées. 
Grégoire Chabot a expliqué la différence entre l'acte de préserver et l'acte de créer. Préserver implique un geste passif, au contraire de l'acte de créer quelque chose, qui est plus actif. J'ai pris ses mots à cœur en choisissant la façon dont je veux faire cette étude. Quoique je puisse répondre à ma question après avoir lu des livres (une action passive), je veux servir à créer, et c'est pour ça que j'ai pris un comportement actif et j'ai décidé de faire des interviews.  J'ai dit qu'un de mes buts est de rendre à ces Franco-Américains leur voix. Comme je ne peux pas représenter un grand nombre de gens, j'espère que je peux créer une image mentale et verbale de quelques-uns, et la passion qu'ils ont pour leur identité. 
Mon étude est divisée en trois parties. Parce que le but de cette étude est de vous donner un goût de l'identité franco-américaine à travers les voix de ces gens, j'inclus seulement un petit peu de recherche. Dans la première partie, on discute brièvement quelques institutions qui servent à garder l'identité franco-américaine. Je continue dans la deuxième et la troisième partie avec les histoires des gens, leurs perspectives sur leur identité, et leurs villes où il y avait une forte présence franco-américaine. La deuxième partie parle de l'histoire de Jane Williams , une femme élevée à Chisholm, Maine, mais qui habite aujourd'hui à Farmington. Pour elle, l'identité est quelque chose qu'elle vient de découvrir. Jusqu'à récemment, elle a caché son identité parce que ses souvenirs provoquaient de la peine dans son âme, elle n'a pas pu s'identifier comme franco-américaine. De l'autre côté, la troisième partie de cette úuvre sert à vous montrer la passion que les gens à Waterville ont pour leur identité et leur effort pour être entendus.  Après la deuxième et troisième parties, nous visiterons les villes de Chisholm et de Waterville, respectivement, pour vous donner des images de ces villes, et la façon dont elles souffraient, et donc la présence des Franco-américains, pendant les années. Je termine par une conclusion qui parle de l'espoir que j'ai trouvé pendant mon étude, et les questions qui restent sans réponse jusque-là.

PRÎER, APPRENDRE ET PARLER : La façon dont les institutions servaient à  un groupe.
 En lisant des livres qui parlent des Franco-Américains, j'ai noté qu'il y a des institutions qui définissaient aux Franco-Américains leur identité. Dans la discussion suivante, on va noter que toutes ces institutions créent l'environnement où l'on est accepté comme Franco-Américain. À l'église, dans les écoles, il y a un échange d'idées qui existe selon les gens qui y vont. Pour la plupart des Franco-Américains, ces endroits jouaient un grand rôle dans leur vie. 
À peu près de 40 % des gens qui vivent dans le Maine ont des origines canadiennes. Même à Waterville, la population inclus compte 50 % de Franco-Américains. Dans l'histoire, l'église catholique avait une grande présence dans la vie des Franco-Américains. 
In New France it was the French King, the colonial governor, and the Catholic clergy who held power and directed the colonial society. After 1759, of these original three it was only the Catholic Church that retained power . . .The church became a rallying point for the French, as it was the only sphere of French leadership. . . The church clergy was pleased because they were able to retain their influence and prestige and the French people became staunchly tied to their religion as a source of faith, protection and identity.  

Dans quelques villes, il y avait plusieurs églises à cause du besoin de servir deux groupes de la population : ceux qui parlaient anglais, et ceux qui parlaient français. À Waterville, en 1905 l'église du Sacré-cœur a été construite sous l'ordre du diocèse de Portland. Dans le passé, les deux groupes linguistiques assistaient à la messe où le prêtre parlait leur langue, donc la population française était séparée des Irlandais (qui assistaient à la messe à l'église de Notre Dame.) Par conséquent, on restait canadien-français idéologiquement. Aujourd'hui, quoiqu'il y ait des Franco-Américains qui assistent toujours à la messe, on va noter que l'église ne sert pas le même rôle que par le passé. Il y avait des moments où les Franco-Américains ont cherché l'aide de l'église mais elle ne les a pas aidés. 
 Là où il y a des églises, il y a des écoles paroissiales. Ces écoles existent encore, mais dans le passé elles étaient plus répandues. Souvent, il y avait des écoles où l'on parlait français et d'autres pour les gens qui parlaient anglais. Quelques fois, il y avait des écoles comme Mt. Merici, par exemple, où l'on parlait les deux langues. Donc, nous voyons encore un exemple où les Franco-Américains ne sont pas « mélangés » avec les gens qui parlent anglais. « Rather than incorporating these new immigrants into the community, and accepting them as « normal » these people were separated from the Yankees because of their lower class status, their language, their traditions, and their religion. »   
 La langue d'un peuple est un aspect très important de leur identité. Sans langue, on ne peut pas récréer leur culture, parce qu'on manque une grande partie : la capacité de dire les histoires. La perte de la langue française a commencé quand les parents ont décidé que leurs enfants se porteraient mieux s'ils étaient « moins français. » Aujourd'hui on entend toujours le français, mais les gens qui le parlent essaient de le cacher. Mémères, je vous écoute au supermarché quand vous parlez français à voix basse avec vos amis. Ne cachez pas votre identité ! Parlez fort !
 Les églises, les écoles, et la langue servaient de points d'ancrage « des petits Canadas » comme celui  qui se trouvait à Water street (on va en parler plus tard.) Quoique les petits Canadas aient été établis par les Franco-Américains, dans leur effort pour préserver l'identité française et pour protéger les gens contre l'américanisation, la séparation géographique qui est venue avec les petits Canadas continue aujourd'hui, mais les effets des petits Canadas ont disparus. Le monde des Franco-Américains a changé, ce n'est plus un monde où leur identité est claire. Comme Grégoire Chabot a écrit dans sa pièce de théâtre, Un Jacques Cartier Errant, « Autrefois, quand j'étais sur terre, tout paraissait si simple. Français-Anglais, Catholique-Protestant, Bien-Mal. . . tout était à sa place. Les choix semblaient faciles à faire, et on les faisait. Mais aujourd'hui. . . Dites-moi, Monsieur, ne sentez vous aucune tristesse de voir disparaître d'ici cette langue et cette culture ? »  Comme Jane Williams se sent, les Franco-Américains sont un peuple marginalisé dans la société. Alors, je me tais et je vous présente Jane. 

JANE WILLIAMS : Femme forte et passionnée
 C'était par hasard que j'ai fait la connaissance de Jane Williams. Mais quelle chance j'ai eue de la faire ! Elle sert de multiples fonctions dans mon oeuvre. D'abord, elle va vous raconter son histoire et parler de son identité. Puis, je vais continuer avec son rôle dans la société, et comment elle aide les autres qui partagent son identité franco-américaine.  Commençons !
 J'habite toujours à Franklin county, même aujourd'hui j'habite à Farmington. J'ai passé mon enfance à Chisholm, avec mes trois petits frères et súurs. Mes grands-parents habitaient là et mon père travaillait dans l'usine (Otis Paper Mill). Je suis de la quatrième génération de ma famille, mais la première génération qui n'a pas appris le français. Mes parents ont essayé d'américaniser leurs enfants et donc, au lieu de parler français ils parlaient un anglais « cassé. »  Par conséquent, j'écris à l'envers. C'était une époque où les gens qui parlaient français étaient associés aux pauvres, sans instruction. Quoique je ne parle pas français, ma famille le parlait chez nous comme c'était la langue parlée de mes grands-parents. Donc mon héritage était plutôt passé par les traditions, et pas dans les histoires orales.  Les repas jouaient toujours un rôle énorme. Noël, par exemple, était célébré avec un grand repas qui était suivi par la messe à minuit. Le dimanche, après la messe, ma famille faisait un pique-nique. Nous faisions beaucoup d'activités avec toute la famille (mes grand-parents, mes tantes, mes oncles, etc.) parce que nous habitions très près l'un de l'autre. Un souvenir que je tiens encore aujourd'hui est celui de l'image que j'ai vue quand je m'asseyais sur le porche chez ma grand-mère. La maison était juste à côté de l'usine et je restais là, pendant les après-midis, en train de regarder les gens.  Quoique l'usine oppressât les gens, pour moi, elle servait « to bring face to the [Franco] community. These people worked their butts off to support their family. » 
 Mais tous mes souvenirs ne me donnent pas un air tranquille. Mon passé n'est pas quelque chose à qui me fait sourire. J'ai eu honte de dire que j'étais Franco-Américaine jusqu'à une date récente. Jusqu'à un certain niveau, j'assistais aux cours dans l'école paroissiale. Là, les súurs étaient souvent décourageantes comme elles me disaient que j'étais stupide. Mes parents n'ont jamais questionné les súurs, comme elles étaient des autorités.  Les années au lycée public était plus difficiles. « I felt vulnerable, as if I was walking around with an image that said, « exploit me, » despite my attempt to avoid appearing this way. I was treated differently from the girls who had been in public school since day one. This was my first interaction with discrimination as a Franco. » Alors, à l'âge de 18 ans, j'ai rejeté mon héritage et j'ai caché mes racines franco-américaines. « I knew I didn't want to be French and I ripped myself away from the community. » 
J'ai élevé mes enfants (trois filles, un garçon) sans qu'ils aient eu leur connaissance de leurs racines. C'était ma façon de les protéger. Mais récemment, j'ai découvert que je ne pouvais pas cacher mon identité. « By pretending I am Anglo is a mockery of who I am. » Ma communauté me fait taire, « and history and cultural influence makes it acceptable that I go unheard. We need to rediscover our history. Something happened in this state. This state doesn't consist of just L.L Bean and pinecones. » Je ne suis pas encore comme d'autres comme la famille Gilbert, qui prononce leur nom avec un accent anglais, même si quelqu'un pose la question si ces gens sont franco-américains. Ma découverte a été provoquée par un cours que je suivais, « leadership for change. » L'exploitation des Franco-Américains est quelque chose que ce groupe permettait. Nous ne sommes pas forts, politiquement.  « Look at Rhéa, [Côté Robbins] she's been working for many years on her study of Francos, and only recently was she invited, for the first time, to Colby. But this is a step in the right direction. It's about gaining power- or at least recognizing when powerful people are taking advantage »
 Jane est une femme forte. En répondant à mon interview, Jane a partagé des histoires que je n'ai pas incluses ici parce qu'elles sont personnelles. Mais elle a la capacité de rester ouverte avec moi, en partageant des récits avec une étrangère.  Par ses actions, elle fait un effort pour ses frères et ses súurs qui partagent son identité franco-américaine, mais qui, comme Jane, ont peur de le dire. Grâce à Jane, ces gens seront mieux compris, mieux entendus, et donc, mieux acceptés par la société.
 Le challenge défi de gagner du pouvoir est celui qu'on ne peut pas éviter en discutant la renaissance de l'identité franco-américaine. Donc, le but est de retrouver cette identité cachée. Mais la question qui reste est « comment » ?  La prochaine partie présente un nouveau groupe dans ma propre vie : mes amis de « Bavarde, » un groupe qui se réunit le samedi matin pour parler français et discuter de leur héritage et de leurs histoires. 
 

« BAVARDE » À WATERVILLE : Un Petit Canada de notre époque 
Le « Census » de 1990, nous a montré que 14 % de la population à Waterville a dit « oui » en répondant à la question « parlez-vous français chez vous ? » Quoique l'identité d'un group puisse survivre sans leur langue, la langue aide en préservant l'esprit, les traditions, et la culture. « Bavarde » est un groupe composé des gens qui parlent le français. Pour la plupart, ce sont des Franco-Américains qui étaient élevés avec une présence de la langue chez eux. Ces gens se réunissent le samedi matin pour discuter, en français, et pour s'identifier avec leurs semblables. Quoique « Bavarde » soit un petit club, son existence est très importante ; il définit les Franco-Américains. En plus de parler, ces gens font des activités culturelles. Le 17 novembre, par exemple, je passais quelques heures dans « les plaines » à Waterville où j'ai entendu la voix d'un groupe que je n'avais jamais entendu depuis mon arrivée à Colby. 
En découvrant ces gens, la question qui se pose est pourquoi je ne savais rien de la grande présence des Franco-Américains à Waterville ? La réponse se trouve dans un sujet que nous avons déjà discuté : celui qui concerne le pouvoir. Je vous invite à chercher le plan de Waterville et le regarder. Quoique le plan ne puisse pas bien l'illustrer, la ville est « divisée » par des collines. On dit que ces collines reflètent les niveaux économiques des gens.
The farther away from the river people lived, the more affluent they were. Thus those French-Canadians living on Summer Street had ëmade it,' they had geographically reached the next hill level in town and likely had jobs outside of the factories which placed them metaphorically on another social hill above those French living in the plains below. According to some informants, the five hill levels in Waterville that extended from the shores of the Kennebec up to Mayflower Hill correspond with the levels of wealth, affluence and social standing.  

Peut-être cette distance invisible entre ces « mondes » est encore là. Je me sens, depuis mon arrivée, que Colby n'a pas fait un grand effort pour assimiler ses étudiants dans la ville. C'est triste : il existe une culture que nous ne pouvons pas comprendre sans aide de l'université ou les gens comme ceux de « Bavarde. » J'ai eu la chance de faire la connaissance de ces gens. 
Je n'ai pas noté une grande différence entre moi, une étudiante de Colby, et ces gens. Est-ce qu'il y en a ? Quoique la société nous dise que nous sommes différents, je suis tombée amoureuse de leur culture le jour où j'ai visité ces Franco-Américains. Ce jour-là, j'ai voulu avoir ma propre identité franco-américaine. En entendant les histoires et les pensées des habitants, je peux bien imaginer la vie dans le passé à Water Street, vraiment « un petit Canada. »  En voyant les photographies, imaginez-vous la vie dans le passé. Aujourd'hui il ne reste que quelques magasins, mais autrefois il existait une grande communauté vivante. Pendant les années soixante, « Urban Renewal » a changé la ville dans quelques façons, mais pour ceux qui habitaient dans les plaines, leur partie de la ville a été détruite. Ce quartier de Waterville n'a jamais été récréé. Une femme a dit, « Our identity was physically ripped out of our community under the disguise of ëUrban Renewal' » Ce jour-là j'ai bien appris l'histoire de Water Street et la vie qui existait là.
Après notre promenade, j'ai été invitée à manger avec d'autres. Chez une chère amie de Rhéa Côté Robbins, nous avons mangé un repas comme les femmes faisaient chaque dimanche. Cet après-midi-là, j'ai bien mangé.  Mais de plus, je me sentais à l'aise avec ces gens comme si j'étais un membre de leur famille. Je me sentais comme personnage dans l'histoire de John Difrense, Telling Stories in Mémère's Kitchen. 
Every Sunday afternoon throughout my childhood, through the fifties and into the sixties, our considerably extended family met for dinner at Mémère's house on Fairmont Ave. in Worcester . . . And every Sunday Mémère cooked brown potatoes and pot roast and boiled the life out of some string beans. And every Sunday I licked the beater that whipped the cream for the chocolate pie. . . and when the meal was over and the dishes were cleared . . .we all sat around the kitchen and talked . . . 

 « Bavarde » donne aux Franco-Américains, (et même les gens comme moi qui veulent apprendre) une identité, un endroit où les gens vont pour comprendre eux-mêmes et questionner leur histoire. Jane Williams, qui a souffert avant d'accepter sa propre identité, a besoin de club comme « Bavarde. »  Si on discute, on n'a pas de honte à dire qu'on est Franco-Américain. Il y a vraiment une renaissance de l'identité franco-américaine à Waterville, et quoique cette renaissance soit peu connue, il y a un effort pour être entendus.

CONCLUSION
 Mon titre vient d'un essai écrit par Clarence J. d'Entremont, La survivance acadienne en Nouvelle-Angleterre.  Dans son travail, l'auteur a dit « Those who remain attached to their country of origin, its traditions, its customs, and especially its history are quite numerous. One must not say, ëLoin des yeux, loin du cœur,' for many of these Acadians are more truly Acadian than many of their counterparts in today's Acadia. »  Sa pensée reflète bien les gens que nous avons rencontrés dans cette oeuvre. Ces gens sont là. Ils existent, et ils sont passionnés par leur effort de faire connaissance avec leur identité.
 Tristement, mon étude a juste commencé comme il y a beaucoup de questions qui demeurent en suspens. Mais vraiment, il faut continuer à penser. Pensez à ces gens, et à leur identité. Vraiment, pensez à la vôtre. Il faut que nous nous comprenions avant que nous puissions comprendre les autres. C'est une question à laquelle il est difficile de répondre, n'est-ce pas ? Sans les institutions comme l'église, les écoles paroissiales, etc. qui, dans le passé, aidaient à nous définir, nous tournons vers les autres pour nous aider avec cette difficulté. Comment est-ce que nous allons voir les identités de « l'autre » quand nous vivons dans un monde où « l'Un » est même difficile à définir ?    
 J'ai confiance dans la renaissance de l'identité de ces gens. Ils sont un peuple fort. Ils travaillaient dans les usines, et quoiqu'ils aient souffert, ils n'ont pas cédé aux difficultés. Nous avons vu la force de Jane en racontant ses histoires, même avec quelqu'un qu'elle ne connaît pas. Elle l'a fait pour son peuple, pour son identité, une identité qui vient avec la souffrance. Les gens qui se réunissent à Waterville pour « bavarder » chaque samedi sont aussi fervents sur la question de leur identité. Ils veulent bien raconter leurs histoires, et je veux bien les entendre. J'espère que notre société ouvre ses oreilles. Voilà les gens riches, ceux qui peuvent nous donner quelque chose d'eux-mêmes : leur culture, leur passion, leurs histoires. Ne les cachez pas !  À ce moment-là, peut-être les Franco-Américains sont loin des yeux. Mais comme c'est un peuple fort, le désir est là. Ils revivront ! Ils seront, un jour, plus près de nos cœurs !

CHISHOLM : Une ville pas encore abandonnée

1) Dans le passé cette école était l'école paroissiale. Elle se trouve à côté de l'usine.
2) Je pense que cette photographie a été prise en 1922. C'était l'école pour les gens qui parlait anglais
3) Aujourd'hui, le même bâtiment a été transformé en appartements.
4) Une vue de la ville. Cette photographie a été prise en haut de la colline. La colline à l'autre côté (avec les arbres) est celle où le KKK a brûlé les croix.
5) La grande usine de Jay, Maine : International Paper. Selon Jane Williams, la construction de cette usine a changé les valeurs de la communauté. Le but est devenu, « gagner assez d'argent pour acheter un plus grand camion que les autres. »
6) La plupart des commerces en ville sont des bars. Les familles n'ont pas beaucoup de choix en choisissant des activités à faire ensemble. En réalisant la souffrance de la vie familiale dans sa ville natale, Jane Williams a gagné l'argent pour construire un parc avec une cour de récréation où les enfants jouent.
7) Par hasard, le parc se trouve en face de la maison où Jane était élevée et où ses parents habitent toujours. Selon Jane, sa vie a fait un cercle complet.
  
« LES PLAINES » : Détruites pas « Urban Renewal»
1 et 2) « Two Cent Bridge » qu'on traversait pour aller à l'usine pour faire son travail. Chaque fois qu'on l'a traversé, on payait.
3) Dans le deuxième étage de ce bâtiment était l'église de Notre Dame, l'école paroissiale se trouvait sous l'église. Les filles et les garçons assistaient aux classes 1-4 ensemble, mais au début de la cinquième année les filles restaient et les garçons assistaient à l'école St. Joseph. Les cours étaient tous en français et donnés par les súurs. 
4) Dans cette photographie de Paris Street, on voit une maison avec un parc. Le parc est l'endroit où se trouvait Grove Street School autrefois.
5) Quelqu'un m'a dit que sous ce bâtiment, vers 1945, la Boulangerie Robitaille existait. Par coïncidence, Robitaille est le nom de mon grand-père maternel. Je suis encore en train de chercher des informations. . .
6) Si on regarde bien cette photographie, on note que cette petite maison était une salon de beauté. En plus, on y vendait de la glace. 
7) « South End Arena » Pendant hiver, ce lotissement était une patinoire. D'après un monsieur, pendant les années cinquante, il y avait de grands matchs : South End contre Colby Freshmen, North End contre South End, etc. Avec ces compétitions, la réputation et l'identité d'un garçon était bien créée.
8) Cette maison est où la première messe a été dite à Waterville.
9) Aujourd'hui ce bâtiment est abandonné, mais dans le passé il y avait des commerces comme une fleuriste, par exemple, qui existait jusqu'aux années 70. 
10) Dans le passé : « Engine3, » une caserne de pompiers.
11) La vue de Summer Street. Une femme qui habite toujours dans les plaines a dit, « If you lived up on Summer Street you were considered to have ëmade it.' »
12) Dick's Variety, là, où, « a bunch of Water Street originals » se réunissent chaque matin pour bavarder et boire du café avec Sal,  la serveuse qui habite dans la maison en face de son restaurant. 
BIBLIOGRAPHIE
Les Livres

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Chabot, Grégoire. Un Jacques Cartier errant. 1976. Orono, ME : University of Maine Press, 1996.

Gastonguay, Alberte. La Jeune Franco-Américaine. 1933. Bedford, NH : National Materials Development for the Center for French, 1980.

Quintal, Claire (Ed). Steeples and Smokestacks : A collection of essays on the Franco-Americain experience in New England. Worcester, MA : Institut français, Assumption College, 1996.

Resch, Yannick. Définir L'intégration ? Perspectives Nationales et Représentations Symboliques. Montréal : XYZ Éditeur, 2001.

Robbins, Rhéa Côté. Wednesday's Child. Brunswick, ME : Maine Writers & Publishers 
Alliance, 1997.

Roby, Yves. Les Franco-Américains de la Nouvelle-Angleterre : Rêves et Réalités. Sillery : Septentrion, 2000. 

Rowe, Amy. Senior Thesis. Waterville, ME : Department of Anthropology, Colby College, 1999.

Les Interviews

Father Phil Tracy, 8 novembre, 2001

« Jane Williams, » 16 novembre 2001

« Bavarde » 20, 27 octobre, 17 novembre, 2001

Un tour de Water Street avec des membres de la communauté, 17 novembre, 2001

Un tour de Chisholm avec Jane Williams, 29 novembre, 2001
 
 

Katie Lazdowski is originally from Acton, Massachusetts. She is in her final year at Colby College and in May she will receive her B.A. in French Studies and in Sociology. She has studied abroad in Dijon, France, as well as in Cameroun. Her desire to learn the French language results from having French roots and growing up with ethnical influences. Katie has no set plans for the future at this point, but wishes to be in a setting where she may continue to use her French. Outside of her studies she is a varsity rower on the Colby Crew team, and is the president of the Colby French Club.
 

City of Waterville, Bicentennial Celebration
 


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